Rima Hassan : la politique comme performance, la cause comme prétexte

Jean-Luc Mélenchon, dans un élan de lyrisme poussiéreux, a comparé le retour de Rima Hassan de Gaza à celui de « Victor Hugo de Guernesey ». Voilà ce qu’on appelle perdre le sens commun.
Parce que non, ce n’est pas Hugo qui est rentré jeudi soir — c’est l’ère du militantisme TikTok, de l’indignation scénarisée et du storytelling pour les crédules.

L’opération “Madleen” : un yacht, des caméras, zéro logistique.

La flottille n’était pas un convoi humanitaire. C’était un voilier avec 12 personnes, quelques caisses de médicaments, et surtout… des caméras. L’opération était “symbolique”, selon Rima elle-même.

Traduisons : c’était une production militante conçue pour fabriquer du contenu visuel.

Résultat : Arrestation planifiée, buzz instantané. Et une réutilisation politique immédiate.

Pendant ce temps, l’aide humanitaire sérieuse se fait par convois, par ONG, dans l’ombre. Mais elle ne fait pas monter vos followers Instagram.

“Kidnappée” par Israël, portée par LFI

La scène est réglée comme une série Netflix. Rima, arrêtée quelques heures, revient coiffée du keffieh, le regard grave, la voix posée. Elle parle de “kidnapping”, alors qu’elle a été traitée comme militante non armée par les autorités israéliennes avant d’être renvoyée chez elle par avion. Une scénographie politique parfaitement instrumentalisée.

Et le soir-même, standing ovation place de la République. Les bras levés, les drapeaux brandis, la musique de propagande dans les oreilles des militants qui ne demandent qu’un drame à adorer.

Biographie à géométrie variable

Le « 360.ma » révèle ce que personne ne veut regarder en face : la biographie de Rima Hassan est modifiée selon le public. Le père était militaire dans l’armée de l’air de Hafez el-Assad. La mère est issue d’une famille syrienne riche et influente. Rima cache cette réalité, préférant se présenter comme fille de réfugiés, pauvre, apolitique… quand cela l’arrange.

C’est l’art du roman familial : retravailler le récit jusqu’à devenir une icône vendable, un emblème idéologique. Rima Hassan n’est pas née dans les camps de réfugiés. Elle est née dans une histoire recyclée pour créer de l’émotion politique. Et ça marche, sur ceux qui confondent sincérité et mise en scène.

Silence stratégique sur la Syrie


On l’entend hurler contre Israël. Mais contre le régime syrien, rien. Silence total.
Même quand Assad massacrait les réfugiés palestiniens dans les camps.
Même quand Alep s’écroulait. Et pour cause : sa propre famille a servi ce régime. Et elle voyage encore aujourd’hui en Syrie, sans une ligne de condamnation contre les Assad. Ceux qui croient qu’elle lutte pour “les opprimés” devraient peut-être se demander pourquoi les Syriens n’en font pas partie.

LFI : la récupération cynique

L’affaire est limpide : Rima est l’outil parfait pour LFI. Elle coche toutes les cases : Minorité, femme, victime, voix forte contre Israël. Elle est utile. Pas parce qu’elle propose, construit, agit. Mais parce qu’elle choque, divise, et galvanise la base. Elle est
l’égérie narcissique et sacrificielle, incarnant à elle seule l’influenceuse officielle du parti, rongée par le syndrome du personnage principal. Et son retour n’est pas un retour
politique, c’est un retour de marque.

Ceux qui l’applaudissent : l’aveuglement béat

Les militants qui l’ont accueillie comme Hugo sont les mêmes qui rient des “boomers
crédules” sur Facebook. L’ironie est splendide : ils sont tombés dans une mise en scène fabriquée, calibrée, marketée, sans jamais se poser une seule question. Le message est simple : “On me traite injustement, donc j’ai raison.” Et c’est là que le piège se referme.

L’instrumentalisation de la haine comme levier politique

Ce qui rend le cas Rima Hassan encore plus inquiétant, c’est la manière décomplexée
dont elle mobilise la haine comme moteur.
Elle le fait sans subtilité, en activant la corde émotionnelle de la “victime éternelle” contre un “oppresseur absolu”.

Israël n’est plus un État : c’est “une monstruosité sans nom”.

Le Hamas ? Une organisation “ayant une action légitime selon le droit international”.

Des propos qui flirtent ouvertement avec la légitimation de la violence terroriste et glissent sur la pente d’un antisémitisme à peine masqué.

Son discours n’est pas orienté vers la paix, la diplomatie, ou la reconstruction. Il est obsessionnel, excluant et monochrome.

Gaza, Gaza, Gaza.

Aucun mot pour les autres conflits. Rien pour les Arméniens, les Ouïghours, les Rohingyas. Silence sur les Syriens.

Elle choisit la cause unique : celle qui la rend bankable auprès d’un électorat radicalisé, chauffé à blanc.

Ce n’est plus du militantisme. C’est une captation émotionnelle, qui transforme la douleur collective en carburant personnel. Et ceux qui la suivent, sans recul, deviennent les figurants d’un film où l’indignation a remplacé la pensée, et où la haine est devenue un outil politique comme un autre.

Ouvrir les yeux, c’est regarder au-delà de l’affiche

Rima Hassan n’est pas une héroïne. Elle est un produit de communication politique, forgé pour canaliser une colère légitime dans un simulacre de militantisme. Elle ne défend pas Gaza. Elle se défend, elle, dans Gaza. Elle n’humanise pas la cause : elle la transforme en arrière-plan de son récit personnel.

À ceux qui l’applaudissent : il est temps d’ouvrir les yeux. Le courage, ce n’est pas de crier sur une place. C’est de construire dans le silence. De ne pas trahir la complexité au profit du buzz. De ne pas confondre engagement et exhibition. Et surtout, de ne pas prendre la propagande pour du romantisme révolutionnaire.Parce qu’à ce jeu-là, même Hugo se retournerait dans sa tombe.

Une réponse à « Rima Hassan : la politique comme performance, la cause comme prétexte »

  1. Avatar de joyfullytalented9cff04fa7d
    joyfullytalented9cff04fa7d

    Tellement vrai….. Victor Hugo doit se retourner dans sa tombe tout comme la démocratie agonise…..

    J’aime

Répondre à joyfullytalented9cff04fa7d Annuler la réponse.

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